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21.11.2009

Groupama 3 : Arrivée à Cape Town


L'arrivée de Groupama 3 à Cape Town : l'approche de la côte sud africaine et les premières réactions de l'équipage arrivant à terre après deux semaines de mer...

22:28 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupama 3, trophée jules verne, franck cammas

18.11.2009

Carnet de bord de Franck Cammas

blog_cammas_portrait.jpgLa casse!

On sait que ça peut toujours arriver sur nos bateaux, qu'on fait un sport mécanique, mais c'est toujours extrêmement rageant de devoir interrompre une belle course, surtout autour du monde, pour quelques centaines de grammes de carbone qui cassent au mauvais endroit ! Mais il n'y a pas de choix, l'intégrité du bateau et de son équipage est la priorité absolue !

C'est vrai que Groupama 3 était durement malmené depuis une vingtaine d'heures, non pas par un vent trop fort mais surtout par une mer croisée qui transformait notre monture en un cheval enragé enclin aux soubresauts violents et désordonnés ! Et sur un saut plus vicieux que les autres, une cloison du bras arrière a cédé, dans une partie névralgique de la structure...

L’équipage, toujours très professionnel s'est encore comporté merveilleusement, sans défaitisme ni relâchement, se creusant les méninges pour sortir au pus vite de ce faux pas. Les uns s'affairant à une réparation de fortune et les autres à une stratégie météo compliquée pour sauvegarder le bateau. Mais il fallait se rendre à l'évidence : notre tentative est terminée et direction Cape Town en Afrique du sud pour réparer! Encore six jours de mer avant de toucher la terre ferme et six jours au cours desquels on aura malheureusement le temps de ressasser ce triste sort !

Mais c'est ça la vie d'un marin : des moments exceptionnels et des moments très durs aussi, salaire à payer pour un métier sublime ! La mer nous rappelle, si on l'avait oublié, qu’elle sera toujours la plus forte et qu'elle seule nous donnera la permission de passer... Une prochaine fois !!!blog_cammas_signature.jpg

15:46 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : franck cammas, trophée jules verne, groupama 3

Carnet de bord de Thomas Coville

blog_coville_portrait.jpgLeurs silences nous rendent la parole et les sourires reviennent ça et là.

Position 36 13 S 15 37W Vitesse : 18 nds , cap : 74.
Pas facile de trouver les mots pour vous décrire mon sentiment du moment. Le mieux est de revenir sur les faits.

Hier en milieu de journée, ça allait vite, voir parfois très vite : Au dessus de 33 noeuds de vitesse dans une mer plus désorganisée que très formée, nous étions travers au vent parfois même à vouloir gagner légèrement.
L'enjeu était majeur, soit nous tenions cette cadence et nous  restions en position devant cette grosse dépression qui devait fusionner dans quelques heures avec une de ses petites sœurs, et alors nous avions l'espoir de rester jusqu'en Australie sur un angle favorable et de nous constituer un matelas d'avance confortable sur la référence. Soit nous ralentissions et la suite nous promettait une mer formée, à grosse et surtout l'obligation d'attendre le prochain flux organisé, dans plusieurs jours.

Chacun avait pris la mesure de l'effort à fournir. Nous sortions des méandres de l'anticyclone de Sainte Hélène et nous étions tous prêts à en découdre.

Nous n'avions plus de lune depuis deux jours et barrer le bateau de nuit à ces vitesses demande une concentration intense qui ne permet aucun écart sinon c'est le décollage de la plateforme et l'atterrissage des 32 mètres dans la vague suivante est radical. Parfois certaines vagues sont inévitables et la sanction est immédiate à l'extérieur où ce sont des tonnes d'eau qui s'abattent sur le barreur et à l'intérieur même dans la bannette. C'est pas facile de rester accrocher. Chacun serre les dents mais il ne faut pas lâcher. Chaque mille, chaque degré gagné  s'arrache au prix d'une bagarre qui ressemble vraiment à un bras de fer physique et psychologique. Toute la préparation, la confiance acquise dans le bateau comme dans chacune des personnes à bord prend son sens dans ces moments. C'est dur bien sur mais pas un ne bronche. Chacun au contraire est bien à sa place et il n'y a pas de faux pas. On anticipe, les ris montent et descendent au gré des rafales ou des baisses de régime. Ca s'enchaine viril mais correct!

La prévision prévoyait un renforcement momentané et puis c'était bon ; le vent allait s'orienter plus favorable en mollissant, on allait pouvoir commencer à glisser.

Quand soudain un bruit sec comme un claquement s'est fait entendre. Il faut imaginer le vacarme d'un tel engin lancé à cette vitesse dans un vent de 28 à 30 noeuds. Pourtant il faut tout entendre, tout écouter et reconnaitre le moindre cliquetis. Il n'y a qu'une chance pour percevoir le bruit en question ; si tu ne comprends pas ou ne saisis pas ce détail, les conséquences peuvent être dramatiques. C'est la raison pour laquelle il n'y a jamais d'attitude passive en mer. L'éveil de tous tes sens est ta propre sécurité et tu ne peux compter qu'exclusivement sur cela.

Cela venait de bâbord et depuis rien. Bruno part inspecter le flotteur haut vent. La position est difficile, les mouvements du bateau sur les filets tendus entre les coques demande une vrai agilité. Rapidement, d'un regard expert il décèle une légère fissure à la liaison entre le bras et le flotteur.  Net écrasement mais à un endroit pas forcément névralgique.
Steve décide d'aller contrôler à l'intérieur du flotteur l'anomalie. On ralentit considérablement le bateau. Steve descend dans les entrailles du flotteur.

Le diagnostique est immédiat et d'une brutalité extrême. Son regard est sévère, il connait déjà la suite ou presque. La cloison reliant le bras arrière et le flotteur a rompu et plie à chaque vague. Ce n'est pas raisonnable à ce moment du parcours d'envisager de continuer.
Franck est le seul à qui revient la décision de la suite à donner.
L'expérience d'il y a 2 ans remonte forcément, le film de tout ce qui s'est passé depuis peut se lire en quelques secondes sur son visage.

Lionel retourne dans le flotteur pour confirmer le diagnostique sans équivoque : c'est l'abandon .
Les têtes tombent des épaulent, les jurons fusent, puis c'est le silence. Les hommes hors quart alertés par l'arrêt significatif du bateau montent sur le pont. Nos visages se passent de commentaires. Pas facile comme réveil!
La mer grossit, le vent est rentré à plus de 40 noeuds, on affale la grande voile entièrement.
Il faut rapidement décider des options à suivre et les mettre en œuvre; La décision est prise de tenter de reconsolider la cloison à l'intérieur et d'étanchéifier le flotteur. Attendre que le gros temps passe et de faire route vers Cape Town pour réparer.
Chacun sait alors ce qu'il doit faire, l'action prend la main sur le sentimental et l'apitoiement. Réagir pour ne pas laisser les choses se détériorer.

La nuit tombe, il ne faut pas faire de faux pas , travailler sur l'extérieur du  bateau peut être dangereux et notre marge  de manœuvre pour récupérer un gars passé à l'eau est quasi nulle.

Près de 8 heures seront nécessaires pour mener les opérations à bien pour sécuriser l'avarie.
Un silence assourdissant règne alors à bord et chacun évite le regard de l'autre. La vie doit continuer pour autant à bord, quart sur le pont , quart stand bye , quart de sommeil, charge moteur , nourriture ... mais le goût n'y est plus !
Le jour s'est levé et la houle est bien présente. Chacun a dormi pour se réfugier dans sa déception, les sacs de couchage deviennent alors de vrai isoloir. Mais la réalité est bien là : nous ne sommes plus en course! Le chrono s'est arrêté ! Notre cap vise encore vers le Sud pour laisser passer le mauvais temps dans le nord.

Nous approchons des 40ème  et les oiseaux du Sud sont déjà au rendez vous ; Damiers du cap, Pétrels, Stern, et Albatros tournent autour du bateau.

Leurs rondes autour de nous effacent pour quelques instants les regards sombres. Découvertes pour certains, retrouvailles pour d'autres, leurs silences nous rendent la parole et les sourires reviennent ça et là.
La mer s'est atténuée comme prévu  nous faisons maintenant route vers Cape Town (Afrique du Sud).

Nous sommes le 17 novembre et Cape Town est pour moi le dernier Cap où dans notre situation et à cette date de l'année , l'espoir est encore permis d'envisager de retenter notre chance. Il faudra attendre l'expertise plus approfondie de l'équipe technique de Groupama 3 et la décision finale de Franck mais à bord nous sommes déjà tournés vers demain. Le groupe est fort !blog_coville_signature.jpg

17.11.2009

Groupama 3 : réparation de fortune


En fuite à sec de toile dans une mer forte, Franck et ses hommes tentent de préserver la structure du maxi trimaran en limitant les chocs. Dans le flotteur endommagé, Lionel Lemonchois et Thomas Coville pansent la plaie...

12:58 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupama 3, franck cammas, trophée jules verne, record

16.11.2009

Avarie, destination Cape Town

C’est à 13h16, lundi 16 novembre, que le skipper de Groupama 3, Franck Cammas, appelait son équipe du Trophée Jules Verne pour l’informer qu’une cloison de bras arrière bâbord avait cassé, entraînant une avarie importante sur le flotteur. Malgré la tempête, Groupama 3 fait route à petite vitesse vers Cape Town distante de 1700 milles (3000 km) et abandonne donc cette tentative sur le Trophée Jules Verne…

091116_groupama3_avarie.jpgUn grand crac vers 13h00 (heure française) ce lundi, mettait fin aux espoirs de Franck Cammas et ses neuf équipiers de battre le record autour du monde de Orange 2 effectué en 2005 (50 j 16h 20’). Une cloison du bras de liaison arrière venait de rendre l’âme dans des conditions musclées puisque le trimaran géant naviguait au débridé à 90° du vent réel dans un flux puissant de Nord-Nord-Est et sur une mer agitée. L’équipage savait qu’il fallait aller vite pour rester dans le bon secteur du front chaud qui les poursuivait afin de descendre avec cette dépression brésilienne vers le cap de Bonne-Espérance. Cette faiblesse du bras de liaison a provoqué aussi une fissure du flotteur au vent et, devant l’importance des dégâts, l’équipage a tout de suite arrêté le bateau et conclut qu’il fallait abandonner cette tentative autour du monde.

«  On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont ont entendu un grand « clac » : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s’est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l’intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d’au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 nœuds de vent par le travers au moment de l’avarie. Et maintenant, on s’est fait rattraper par le front et il y a 40 nœuds...

On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d’avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au Sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit : on repartira demain mardi matin vers Cape Town. On continue les quarts et je travaille avec Stan pour voir ce que nous allons faire par la suite. L’idée est de rentrer ensuite rapidement en France : l’équipage est partant et si nous pouvons partir avant fin janvier, c’est encore jouable pour une nouvelle tentative ! »
indiquait Franck Cammas lors d’un contact téléphonique en début d’après-midi.

Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l’équipage soit sain et sauf. Notre priorité est qu’ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est la meilleure preuve».</b></i>

Détournement vers l’Afrique

La solution la plus sage est donc de rallier rapidement un port pour estimer plus précisément l’importance de l’avarie et surtout pour éviter que la situation s’aggrave. Cape Town, à environ 1 700 milles des étraves du trimaran géant, s’impose donc comme l’escale technique la plus rapide à atteindre dans des conditions de vent et de mer pas trop mauvais. Il faudra tout de même compter une semaine de navigation à Groupama 3 avant qu’il ne s’amarre, puis réparer avant de remettre cap au Nord vers la France.

C’est évidemment une très grosse déception qui affecte les dix hommes embarqués depuis dix jours et demi dans cette aventure planétaire. Le trimaran avait confirmé ses redoutables performances en alignant une journée à plus de 700 milles lors de sa descente de l’Atlantique Nord et en améliorant sensiblement son propre temps de référence au passage de l’équateur : 5 jours 15 heures 23 minutes !

Au moment de l’avarie, Groupama 3 possédait encore 345 milles d’avance sur Orange 2 (soit plus d’une demi-journée) et progressait à plus de 25 nœuds de moyenne, en route directe vers l’archipel des Kerguelen. Ayant accroché une dépression brésilienne depuis dimanche après un week-end particulièrement lent, Franck Cammas et ses neuf équipiers approchaient à grands pas des Quarantièmes Rugissants.

Les voici donc stoppés en plein élan mais, comme le souligne Franck, plus motivés que jamais pour réparer et se lancer le plus rapidement possible cet hiver dans une nouvelle tentative.

18:54 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupama 3, franck cammas, trophée jules verne, abandon

Le carnet de bord de Jacques Caraës

blog_caraes_portrait.jpgHello, voici quelques lignes du milieu de l’océan Atlantique, au moment où je vous écris, nous venons de franchir le 25ème sud, latitude de Rio de Janeiro après 10 jours de navigation.

A Ouessant notre entrée en matière était plutôt virile, une première nuit dans une mer mal rangée pour traverser le golfe de Gascogne ne permettait pas à notre monture, de donner toute sa puissance, tel l’envol difficile d’un albatros contrarié par son envergure. A cap Finisterre notre oiseau vert avait pris de l’altitude, bien appuyé sur son foil et dérive relevé à mi pont, toujours rapidement. Les compteurs s’affolaient: 25,28,30,35 noeuds et plus à certains moments donnaient le ton de cette première partie de pilotage. Une glisse bien rectiligne,sans un coup d aile nous offrait un joli temps de référence de 5 jours 15 heures et 23 minutes de l’île Ouessant à l’Equateur.


A  pas de géant, on s’enfonce dans l’hémisphère sud et par conséquent dans notre aventure, avec nos doutes et nos certitudes.
Les nuits sont magiques. Véritable voute céleste au dessus de nos têtes dans un ciel de toute  pureté, le bateau va bon train, sans souffrir et laisse place à la contemplation. La lune nous salue de sa moitié, c’est rigolo… ;


d’ici sa rontondité est inversée ...On aperçoit parfaitement la constellation d Orion : Betelgeuse la belle rouge, Riguel la verte encadrent les trois mages, Cirius la plus puissante se reflète sur la mer. Plus à gauche les Pléiades sont de sortie. Tout à coté, la forme en V de la constellation du taureau est bien marquée par l’éblouissante Aldebaran. Autant d’étoiles qui animent nos discussions de nuit pendant le quart. On est rentré  tous ensemble dans un autre monde,où seule la nature nous dirige. Que c’est bon !


Depuis notre passage du 23ème sud, notre vitesse s’effrite doucement, c’est la transition. Notre avance de 700 milles sur le record d’Orange 2 va prendre un coup. Il faut être bon joueur, on ne peut pas gagner tout le temps. Je reste avec Lionel et Ronan plus décontracté sur le sujet. Par contre, Frank reste impatient d’une reprise de vitesse... Stan, notre navigateur le rassure, avec les prévisions à venir. Encore quelques heures pour récupérer un front qui nous vient du Brésil. En restant dans son front chaud, on arrivera rapidement aux portes des 40ème  Sud. Il faut positiver. La nature, par cette transition nous donne du temps calme pour préparer le bateau et vérifier la structure de ses entrailles. C’est un don de la nature, pas une négation. Il faut prendre avec philosophie ce ralentissement comme tel. Le bon flux des 40ème se mérite. Détermination et concentration à la barre et aux réglages seront les clefs de notre délivrance de cet océan de paix.


Attention, c’est à la fois excitant de rentrée dans l’Indien, mais c’est aussi une entrée dans les hostilités, les vents forts, le froid, les glaces... Alors que les ondes positives portées vers notre bateau nous accompagnent encore !  Nous ne sommes pas là pour faire les jeux du cirque !
C’est mon quatrième tour de l’Antartique en course, je ne m’en lasse pas !


Je garde des yeux d’enfant ébloui à chaque fois. J’aimerai bien être encore de ce monde pour le départ de la première régate inter planétaire pour surfer au tiers de la vitesse de la lumière, avec des vaisseaux gréés de voiles à particules solaires.  Cela sera pour votre génération mes enfants.

En attendant, merci Monsieur Jules Verne de nous avoir précipité dans vos belles aventures, en y revenant on est plus comme avant.blog_caraes_signature.jpg

Le carnet de bord de Lionel Lemonchois

blog_lemonchois_portrait.jpgFaire corps

Déjà neuf jours de mer. Le temps passe vite à bord, chacun à son poste avec pour principal objectif d’aller vite sans faire souffrir Groupama 3. Quand vient notre tour de prendre la barre, c’est le bonheur. Voir l’étrave de la coque centrale qui réagit au petit coup de barre que l’on vient de donner pour accélérer sur une vague est toujours magique. Aux écoutes, Fred et Ronan sont vigilants, prêts à choquer en cas de survente. On se connaît bien. Pas besoin de se parler pour savoir que faire. Une sorte de vieux couple, à trois.


On se retrouve, quand les conditions de navigation s’y prêtent, sous la casquette pour un petit apéro. C’est vraiment sympa : une gorgée de vin rouge, un morceau de fromage, une tranche de lard. Et surtout, on rit. Ca fait du bien de se détendre. Dans la zone de pétole que l’on vient de traverser au large du Brésil, il fallait être zen. Certains sont plus impatients que d’autres. Pourtant, on sait bien que l’on ne peut pas faire le tour du monde en surfant sur la même vague.


Mais voilà, c’est passé. Nous voici parti pour la navigation australe. C’est un peu pour elle que nous sommes là, ensemble. Sur une mer aussi belle que cassante. Dans un vent aussi lourd que froid. Engoncés dans nos cirés. Les doigts gourds malgré nos gants de marin pêcheur. Emerveillés devant les albatros qui nous suivront des heures durant sans même un battement d’ailes.


Là plus qu’ailleurs nous apprécieront la qualité de préparation de Groupama 3, le sens du détail de Franck qui ne laisse rien au hasard. Car quand il faut monter sur le pont pour réduire la voilure alors que le vent monte, il faut que tout marche.


C’est aussi là que se gagne le Jules Verne. Avec Ronan et Jacques, nous étions à bord d’Orange. Et on serait content d’aller encore plus vite. Car c’est bien là notre plaisir, la raison pour laquelle nous laissons les nôtres à terre. Mais, ne vous inquiétez pas, nous serons raisonnables…blog_lemonchois_signature.jpg

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