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03.02.2010

Carnet de bord de Thomas Coville

blog_coville_portrait.jpgBonjour,

Pas facile d'écrire dans cette ambiance des premiers jours. Le froid pinçant du départ, le rythme de sommeil à reprendre, les nombreuses manoeuvres du début. Depuis quelques heures, la mer est vraiment mauvaise mais pour l'instant nous sommes en passe de réussir notre pari malgré les trois passages très incertains de la météo sur notre chemin jusqu'à l'équateur. Après, les choses ont encore le temps d'évoluer.... dans le bon sens comme dans le moins bon.

A propos du stand by et de ce départ "précipité" ?

Je crois qu'il n'y a rien de pire que ces périodes de stand by où il faut faire semblant de vivre normalement avec cette priorité qui prend le dessus de devoir partir dans quelques heures. Ce départ précipité en est le parfait exemple. Le vendredi soir à minuit nous étions certains de ne plus partir, à 10 h 30 le samedi matin il fallait passer le week end à Brest dans l'éventualité d'un départ et à 9H 30 le dimanche matin, nous quittions le quai pour saisir ce qui ressemblait à la dernière chance de tenter de battre le trophée Jules Verne cette année. La météo a ses caprices que les modèles mathématiques ont du mal à prévoir. S'adapter, rester motivé et en éveil sans jamais vraiment relâcher la concentration : voilà la règle du stand by ! Je me demande si cela n'est pas plus fatiguant que d'être dans l'action.

Comment se remotiver ?

Une fois la décision prise de partir, les choses s'enchaînent finalement assez vite et simplement. Chacun reprend sa place, je dirais même que l'expérience du premier départ aidant, les choses se font sans se le dire. Un geste en amène un autre et tout redevient fluide. Les visages changent et la concentration revient instinctivement. Nous avons une mission et l'obsession lancinante du stand by a martelé les esprits. On ne va pas lâcher avant d'être sur d'avoir tout fait et tout donné. Cette force  collective silencieuse alors en route semble ne plus pouvoir s'arrêter. Le groupe est fort et a répondu comme un bloc : pas de doute, le pack va pousser fort !

Cependant je n'ai qu'une image qui me reste en tête depuis le départ c'est celle de ma fille Jane, à coté de sa mère, qui pleurait de ce départ trop rapide. Habituellement, nous nous quittons quelques jours avant, sans cette brutalité du départ du quai. L'émotion était épaisse et pesante dans le froid saisissant de ce matin de Janvier. Je n'ai pas su trouver les mots, je suis parti sans pouvoir lui expliquer ce que ce voyage représente pour moi. Je n'aurai pas su de toutes les façons : ce que je fais m'aide à comprendre ce que je cherche. L'impulsion de l'action et cette adrénaline de sentir que les choses se mettent en marche. Etre libre de larguer les amarres même pour une cause improbable. Tout quitter à chaque fois pour ne pas regretter... Tout cela j'aurai voulu lui dire mais les mots me manquent à chaque départ et je sais que c'est moi qui pleurerai le jour où elle décidera de larguer ses amarres. Ce jour là, elle se souviendra peut être de ce ponton gelé du port de Brest.

A+ blog_coville_signature.jpg

 

14:26 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : thomas coville, groupama 3, trophée jules verne

Commentaires

Départ

Enfin La digue franchie
Au large l’océan rougi
Le vent un peut mutin
Taquine le marin
Quelques miles de distance
Entre ce navire et la France
Éloignent le solitaire
Des bruits et odeurs de la terre
Son regard bleu limpide
Scrute l’élément liquide
La mer sa fiancée
Émue de le retrouver
Parée de ses atouts
Séductrice au charme fou
Décidera en souveraine
De la joie ou de la peine
Que devra mériter ou redouter
Cet insatiable aventurier.
Sillon tracé dans l’océan
Suivit par quelques goélands
Bientôt disparaîtrons
Au delà de l’ horizon
Il lui faudra être patient
Faire les offrandes au dieu du vent
Souffrir beaucoup sans nul doute
Garder le cap, maintenir la route
Cette aventure n’a pas de prix
Elle n’a de but que d’enrichir sa vie.

Écrit par : GOUJARD fran6 | 03.02.2010

Départ

Enfin La digue franchie
Au large l’océan rougi
Le vent un peut mutin
Taquine le marin
Quelques miles de distance
Entre ce navire et la France
Éloignent le solitaire
Des bruits et odeurs de la terre
Son regard bleu limpide
Scrute l’élément liquide
La mer sa fiancée
Émue de le retrouver
Parée de ses atouts
Séductrice au charme fou
Décidera en souveraine
De la joie ou de la peine
Que devra mériter ou redouter
Cet insatiable aventurier.
Sillon tracé dans l’océan
Suivit par quelques goélands
Bientôt disparaîtrons
Au delà de l’ horizon
Il lui faudra être patient
Faire les offrandes au dieu du vent
Souffrir beaucoup sans nul doute
Garder le cap, maintenir la route
Cette aventure n’a pas de prix
Elle n’a de but que d’enrichir sa vie.

Écrit par : GOUJARD fran6 | 03.02.2010

HORIZON

Horizon, horizon
Lointaine vision
Soleil sur la mer
Beauté éphémère
Invitation à rêver
Porte de la liberté
Lorsque la nuit arrive
Assit au bord de la rive
Face à l’astre rouge
Quand plus rien ne bouge
J’éprouve le besoin
De partir très loin
La question se pose
En vers ou en prose
Suis-je plutôt terrien
Ou encore mieux marin
Horizon, horizon
Mon frère , mon compagnon
Un jour je voguerais
Bientôt je le promets
Derrière la ligne
Que d’ici l’on imagine
Pour découvrir les secrets
Gardés par toi avec respect.


FG 02 02 2010

Écrit par : GOUJARD fran6 | 03.02.2010

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