28.02.2010
Carnet de bord de Loïc Le Mignon
1ère partie
Je ne sais pas par où commencer tellement on pourrait discuter et bavarder sur ce que nous vivons à bord de Groupama 3 ! Je suis sûr que même en y passant toute la nuit et avec les dix membres de l'équipage, on ne verrait et ne vivrait pas les mêmes choses.
Pour ma part étant le seul permanent, le projet Groupama 3 a commencé il y a 4 ans maintenant, avec la fin de la construction et sortie chantier en juin 2006, puis avec toutes les périodes de découvertes, de préparations et de records.
Je vous épargnerai la litanie des records et des mésaventures du bateau pour revenir sur ce qui nous intéresse : le trophée Jules Verne, hiver 2009 / 2010.
Après le départ de novembre puis la casse au large du Brésil, l'arrêt à Cap-Town en Afrique du sud, le bateau est revenu le 27 décembre à Lorient. A partir de là, a commencé une course contre la montre pour l'équipe technique : remettre le bateau en état pour pouvoir repartir au plus vite… ce qui fut chose faite à partir du 12 janvier il me semble.
Une première fenêtre s’est présentée le 22 janvier avec un retour express de tout l'équipage qui vaquait à ses occupations.
Cette première fenêtre s’est refermée. Mais, comme aujourd'hui, les professionnels peuvent lire la météo jusque 10 jours, c'est sur les conseils du routeur et du navigateur que Franck Cammas a décidé de garder tout le monde en alerte pour la semaine qui suivait.
Cette dernière se déroule sans départ. Mais, alors que l'on pensait passer le week-end en famille, nous voilà assailli par quatre messages au retour de promenade le samedi midi : départ possible demain matin! L’œil de lynx du routeur a repéré une ultime chance de partir car notre stand-by se finissait officiellement la semaine d'après, soit le 5 février.
Une course a alors commencé : finir son sac, gérer la petite fille et la grande, attendre Steve Ravussin qui a sauté dans un avion de Genève, puis direction Brest pour le repas d’équipage et le briefing météo. Le rythme du palpitant était déjà très élevé.
Départ confirmé, on quitte le quai à 9h15, avec toutes les effusions de larmes et les au revoir aux gens prévenus en catastrophe.
Route sur Ouessant par le chenal du Four, on attend 3 heures la rotation du vent de sud ouest à nord ouest, chose faite à 13 heures 55 minutes TU (à partir de ce moment là, à bord, on ne parle plus que en Temps Universelle, heure de Greenwich).
Franck prend comme d'habitude la barre pour le départ et nous voilà partis ! Les hélicoptères nous disent au revoir ; ce seront les dernières personnes que nous verrons jusque notre retour à Brest.
Quelques heures après, c'est à mon tour de prendre la barre car on a commencé les quarts de trois heures, et c'est là que je me rends compte que cela fait 3 mois que je n'ai pas touché au "cerceau". Les premières minutes sont déterminantes surtout que l'on a un premier passage dans 12 heures au cap Finisterre, si ça ne passe pas là, on rentre à la maison !
La suite du carnet de bord de Loïc prochainement sur ce blog....
18:03 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : loic le mignon, trophée jules verne


















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