21.02.2010
Carnet de bord de Fred Le Peutrec
Une semaine, un océan.
C'est à peine croyable, mais en trois semaines nous avons parcouru l'Atlantique nord, l'Atlantique sud et demain nous atteindrons la longitude du cap Leeuwin, porte de sortie de l'océan Indien. Cet océan est réputé pour la violence des dépressions qui y circulent à haute vitesse et pour le très mauvais état de la mer, souvent croisée, que ces dépressions génèrent sur leur passage. Il y a deux ans, lors de notre précédente tentative, nous y avions laissé beaucoup d'énergie. Mais cette année la situation a été favorable à une traversée rapide et relativement souple. Par conséquent, notre trimaran est aujourd'hui toujours en bon état et nous ne sommes pas, nous mêmes, trop éprouvés. Nous n'avons, jusque là, pas eu très froid et le sommeil a quasiment toujours été facile à trouver.
Partis depuis trois semaines seulement, le temps d'une traversée vers les Antilles en croisière! Et pourtant, La vitesse permanente de notre engin de glisse, met dans chaque instant une telle intensité que la sensation d'éloignement et de durée est bien présente à mon esprit. Depuis que nous faisons cap à l'Est, à la rencontre du soleil levant, à plus de trente nœuds, nous parcourons plus de quinze degrés de longitude par jour soit plus d'une heure solaire. Le soleil se lève et se couche chaque jour un peu plus tôt. Circulant quasiment à la même vitesse que la dépression qui nous propulse. Nous restons des jours et des jours dans la même zone météorologique, aussi, ce décalage horaire quotidien est, à bord, la seule illustration concrète de notre progression géographique rapide. A bord nous gardons le temps universel en référence, mais c'est l'heure solaire qui rythme nos journées les découpant en quatre temps: le jour, la nuit, l'aube et le crépuscule.
Dans une semaine nous aurons franchi l'antiméridien, symbole du retour vers nos régions. Comme dit Ronan: "A force de faire de l'Est à cette vitesse, on va finir par être complètement à l'Ouest!"
Je vous laisse méditer...!
A la semaine prochaine.
19:48 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fred le peutrec, franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
Carnet de bord de Thomas Coville

L'océan Indien ou la fascination des Terres Australes.
Depuis la fin du XVIII ème siècle pour la France (bien avant pour les Anglais, Hollandais, et Portugais), les Terres Australes ont alimenté l'imaginaire collectif. Les ambitions politiques et commerciales (la Compagnie des Indes, Louis XV), le mensonge (Monsieur De Kerguelen 1773), les récits de tempêtes effroyables, tout a contribué à construire le mythe de la découverte de ces contrées hostiles. Il n'est plus question aujourd'hui de Découvertes ou d’Aventure à proprement parlé et pourtant j'ai l'impression de porter en moi bien des siècles plus tard cette même fascination. L'Océan Indien est pour moi une source inépuisable d'imagination qui me pousse à chaque fois à retourner voir et revenir observer ces régions où je me sens chaque fois juste toléré. J'aime cette sensation de me sentir exposer et de retrouver une échelle où d'un seul coup je redeviens vulnérable et humain à la fois. Naviguer en bateau à voile et d'autant plus en multicoque renforce cette sensation d'humilité.
Après une entrée laborieuse pour passer devant un front (chose rarissime du uniquement à notre capacité d'aller plus vite que certain phénomène météo), nous glissons à pleine vitesse dans un Océan Indien très clément. Notre route relativement Nord, 45° Sud, n'y est pas étrangère.
Groupama 3 fait parler sa puissance (sa largeur) et nous alignons les journées de glisse. Barrer devient alors un pur plaisir même si le poste de barre est particulièrement exposé et humide. 30 noeuds est vraiment devenu la vitesse de base référence en dessous de laquelle il n'est pas permis de descendre. Le plafond bas des derniers jours a fait place cette nuit à un ciel limpide et grandiose. Depuis plusieurs jours maintenant les albatros ne nous quittent plus et leur ballet incessant ne peut nous laisser indifférent. Nous les regardons voler avec envie et la pureté de leurs mouvements nous rend gauche. La houle du Sud ouest est bien là et nous propulse avec son énergie sans limite. Les iles Kerguelen sont derrière nous, bientôt l'Australie et nous avalons les fuseaux horaires au point que nos quarts de sommeil s'en trouvent quelque peu dérangés. La suite ne semble pas aussi facile, Iceberg, vents forts... mais nous verrons bien. Pour le moment je jouis de ce privilège de naviguer dans ces mers Australes dont je ne pourrais jamais éteindre en moi la fascination. A+ 
16:36 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thomas coville, franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
Petit recalage

Groupama 3 a empanné samedi vers 23 h00 (heure française) pour effectuer un recalage dans le Sud afin d'exploiter au mieux le vent de Nord-Ouest qui souffle depuis deux jours. Logiquement, le trimaran géant sera approximativement à la même position qu'Orange 2 en 2005 ce dimanche soir ! Après 21 jours de mer...
11:26 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kerguelen, trophée jules verne, franck cammas
20.02.2010
Jacques Caraës et sa potion magique
Jacques Caraës nous fait découvrir sa potion magique, de fabrication normande ! Sans oublier le pain, amené à bord il y a une vingtaine de jours, et qui est toujours "frais" ! Clin d'oeil à la boulangerie...
18:41 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : trophée jules verne, jacques caraës, franck cammas
Entrée dans le Sud
Les Kerguelen, c'est l'entrée dans le sud. La houle est assez longue, le vent assez soutenu...
18:35 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kerguelen, trophée jules verne, franck cammas
Au large des Kerguelen

Groupama 3 continue sa progression rapide au milieu de l'océan Indien et n'a plus que 200 milles de retard sur le temps de référence du Trophée Jules Verne. Franck Cammas et ses hommes ont un week-end chargé !
11:05 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trophée jules verne, franck cammas, kerguelen
19.02.2010
36,6 noeuds de moyenne ...

La grande traversée de l'océan Indien a réellement pris son envol depuis jeudi midi : les vitesses atteintes par Groupama 3 dépassent les trente noeuds, voire les trente-cinq noeuds... Dans le flux de Nord-Ouest puissant qui souffle au large des Kerguelen, Franck Cammas et ses hommes rugissent de plaisir !
10:16 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
18.02.2010
Carnet de bord de Thomas Coville
« Depuis notre passage au cap de Bonne Espérance, nous luttons sur un système météo. Cette course contre les éléments est avant tout due au fait que Groupama 3 a la faculté d’aller plus vite que le « temps ». Non pas que le temps qui passe mais le temps qu’il fait. En effet, nous revenons sur un front chaud qui se trouve sur notre route. Si nous réussissons à le dépasser, les vents qui se trouvent dans son Est nous porterons alors au-delà de l’Australie. L’enjeu est donc de taille.
Pourtant, la chose n’est pas aisée car chaque fois que nous nous approchons de la ligne en question, le vent mollit, la mer se forme et notre vitesse décroît. Le phénomène reprend de la distance et tout est à recommencer. Notre acharnement depuis bientôt trois jours ressemble à cette pierre de Sisyphe qui retombe inlassablement. 6 ou 7 fois nous avons cru voir nos efforts récompensés mais en vain. La pluie qui accompagne cette situation météo imprègne tout le bord et une ambiance de fatalité s’installe peu à peu. Mais pourquoi le vent faiblit-il à l’instant précis de ce passage comme si la nature voulait nous empêcher de passer ? Et surtout peut-on prévoir et connaître l’épaisseur de cette zone ?
Cette nuit, alors que nous étions à quelques milles de réussir, je demandais à Stan Honey – notre navigateur – de m’expliquer ce phénomène physique qui se jouait de nous. J’avais connu pareil contexte lors de mon tour du monde en solitaire l’an passé et je voulais connaître son analyse.
Nous étions alors sous la casquette, cet abri à l’entrée du bateau qui sert de poste de veille. Stan est américain, ne parle pas un mot de français, mesure 1 mètre 85, les cheveux grisonnants, la barbe de quelques jours et des yeux bleus délavés par les milles qu’il a parcouru sur tous les océans du monde. Il est surtout d’un calme accordé aux gens d’expérience. Docteur en sciences, il associe la connaissance théorique à la pratique. Ne rechignant jamais à donner un coup de main sur le pont, il est devenu pour nous à bord le Sage ou « l’Oncle Stan ».
Je lui tendais mon carnet et un crayon (j’ai toujours un petit carnet dans mes poches…). Chacun d’entre nous portait une frontale sur la tête et le halo rouge de chacune d’elle créait une ambiance incroyable. Il dessina alors notre situation dans l’hémisphère Sud où nous nous trouvons et la même dans l’hémisphère Nord que nous connaissons mieux. En quelques minutes, tout était limpide et les chiffres parlaient comme un livre. Il me propose de descendre à la table à carte et me montre la dernière photo satellite sur laquelle notre position d’il y a une heure est représentée. Nous ne passerons pas encore cette fois-ci mais nous retenterons notre chance, nous n’avons pas d’autres choix que de réussir. Je le remercie et de sa voix grave, il me répond : « Any time , your are welcome ! It’s a pleasure! » (Tu es le bienvenu quand tu veux, avec plaisir). C’est un moment très banal et simple mais dont je me souviendrai longtemps. Cette nuit dans l’océan indien où j’ai eu cette chance, ce privilège de naviguer et de prendre un cours de météo par ce « Grand Monsieur » qu’est Stan Honey.
Ce genre de conversation où le respect et la confiance se retrouvent et où le partage dépasse les cultures, les langues et les âges. J’aime naviguer pour vivre ces moments simples et rares que nous offre ce théâtre à huit clos que constitue un bateau en mer. Je garde ces tronçons de vie au fond de moi. Ils me construisent d’années en années et j’ai besoin d’eux. Il faut parfois aller loin, parfois pas, mais surtout rester patient et en éveil pour reconnaître et saisir ces diamants du temps qui passe.
PS : Je n’ai pas écrit ce texte d’une traite et depuis, nous sommes passés de l’autre coté de ce front. Groupama 3 déboule maintenant à 35 nœuds de moyenne sur la route . »
A+ 
19:45 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thomas coville, franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
Allez les Verts !
Nous sommes dans une zone délicate depuis quasiment vingt heures : nous n'arrivons pas à franchir ce front qui fusionne avec le précédent, celui qui nous avait poussé jusqu'à l'océan Indien...
19:14 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
17.02.2010
Un indien trop paisible ...
L'entrée en matière ne correspond absolument pas aux récits habituels de l'océan Indien : Groupama 3 a connu une nuit trop paisible dans une zone de confluence peu ventée, et l'accrochage du flux de Nord tardait à venir...
07:49 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franck cammas, groupama 3, trophée jules verne

















