07.02.2010
Carnet de bord de Thomas Coville
C'était jouable et nous l'avons tenté!
Lorsque nous sommes partis de Brest nous étions tous conscients que la tâche ne serait pas aisée et que l'opportunité que nous saisissions était celle de la dernière chance de repartir avant la fin du timing de Stand by que le Team Groupama s'était fixé. Une route semée d'embûche, un vrai parcours de haie où chaque étape franchit est décisive. La moindre erreur de trajectoire, un décalage dans le timing prévisionnel et la sanction est immédiate. Cette pression nous l'avions tous en partant et chacun assumait sa part.
Le briefing avait été court la veille au soir comme à chaque fois mais c'était clair : la traversée du golfe de Gascogne serait millimétrée, le passage dans l'ouest d'une petite dépression au large de l'île de Madère serait très inhabituelle et serrée, la transition avec le vent des alizés plus que limite et la trajectoire jusqu'à l'équateur laborieuse et difficile à tenir.
Pourtant nous partions avec cette conviction que c'était possible et qu’en agissant ainsi nous reprenions notre destin en main. La chance ne sourit-elle pas aux audacieux ? Nous étions humbles face à la météo mais déterminés à en découdre et à ne pas lâcher prise. Notre avarie quelques semaines auparavant n'avait que renforcé notre cohésion et cette équipe a trop de caractère pour ne pas relever le défi jusqu'au bout.
Depuis de l'eau est passée sous nos coques et nous arrivons sur l'équateur à quelques heures à peine du meilleur temps jamais réalisé sur ce tronçon. (5 jours 19 heures).
La suite ne semble pas être plus simple et personne à bord ne crie victoire, ni ne pense à une quelconque gloriole mais c'était jouable et nous l'avons tenté!
Chaque mille rend les choses possibles et nous sommes dorénavant dans cette spirale vertueuse d'ouvrir notre propre parcours sans préjugé avec lucidité et détermination. Le trophée Jules Verne nous offre cette opportunité rare de se sentir libre des choix et des risques que nous prenons ; c'est peut être tout simplement cela que l'on recherchait en partant de Brest par ce matin glacial de fin Janvier.

13:30 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coville, jules, verne, cammas, trophée jules verne
15.11.2009
Le carnet de bord de Thomas Coville
position 28 S 28 W vitesse: 31 noeuds Cap : 120
C'est reparti !
Le timing était serré pour attraper le train Punta/Cap Town mais on l'a eu !
C'est un peu comme quand tu as failli rater ton train ; tu vois le paysage défiler et tu te fais le scénario catastrophe de tout ce qui ne s'enchaînait plus si tu l'avais manqué. Les conditions ne sont pas très confortables mais nous sommes étonnamment satisfaits de notre sort. Cet arrêt de presque 2 jours finissait par sembler bien long. Nous vivions chaque minute comme la plus importante de toute et la mine de Stan Honey le navigateur nous renseignait sur la gravité de la situation.
Les nuits bucoliques à regarder les étoiles et la caisse à outil à la main à vérifier si tout va bien, ça va quelques heures mais on finissait par moins en rire !
Ces pensées ne nous ont pas encombrés très longtemps… Le vent est vite rentré ce matin et depuis nous accrochons les 30 noeuds et plus dans une mer pas très facile. Mais même sur un strapontin dans le couloir personne ne donnerait sa place !
Notre grand Américain a retrouvé le sourire mais ces yeux restent fixés sur son écran pour suivre, heure après heure, notre progression par rapport à la dépression qui doit nous emmener au moins jusqu'en Afrique du Sud.
C'est bien aussi ces voyages en groupe !
Je vous laisse, il y a un truc d'organiser à l'arrière du bus avec le chauffeur : on va prendre le 2ème ris.

16:51 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cammas, trophée jules verne, coville
09.11.2009
Le carnet de bord de Fred Le PEUTREC
Près de deux années se sont écoulées depuis notre précédente tentative, et ce jour de départ, vient concrétiser la motivation d'un partenaire et d'une équipe exceptionnels.
Depuis le retour de Groupama 3 suite à son chavirage en février 2008, le temps s'est écoulé en mode record pour que, ce jeudi 5 novembre, nous puissions tenter un second trophée Jules Verne. Le bateau est parfaitement préparé et nous nous sentons prêts comme la veille d'un examen pour lequel on n'a pas fait d'impasse mais dont on attend encore le sujet exact. Dernière nuit agitée comme il se doit et rêves de dingues! Cependant, à 13h, gonflés à bloc par une détermination collective sincère et profonde et portés par un public enthousiaste mais concentré lui aussi, on n’en menait quand même pas large en larguant les amarres. Les conditions météo attendues sur la ligne de départ à Ouessant et dans le Golfe de Gascogne étaient en effet très musclées. L'enjeu consistait à rejoindre le cap Finisterre en faisant le dos rond pour préserver le bateau et nous même, avant d'attaquer une descente de l'Atlantique prometteuse. C'est chose faite!
On n'a pas été déçus du voyage! Premières heures en mer: nuit, mer forte, croisée, impossible de trouver le sommeil après des quarts sur le pont très humides et froids. Pas de commentaires inutiles, chacun dans sa bulle, bien trop occupé à serrer les dents en osant à peine réaliser que c'était parti pour un mois et demi. Un peu brutal pour un départ! L'avantage de ce scénario, c'est qu'on a été forcé de nous mettre vite dans le bain et de nous serrer les coudes. Maintenant, on déboule, plein sud, cap sur l'équateur! A cette vitesse là, 30/35 noeuds le pot ne va pas nous voir arriver. On va le prendre par surprise.
On a bien sur déjà complètement changé de saison sur tous les tableaux. Il fait très chaud depuis hier et le moral est au beau fixe!
Que du bonheur!
A bientôt.
10:32 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trophée, jules, verne, fred, lepeutrec, cammas

















