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16.03.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

blog_lepeutrec_portrait.jpgFin de quart, il est 9h TU.

Nous circulons actuellement dans une masse d'air assez instable qui génère des grains magnifiques, à la formation très rapide, mais qui n'arrivent pas à maturité. Ils tuent le faible Alizé de Sud/Est pendant leur phase de développement vertical sans jamais nous restituer cette précieuse source d'énergie sous forme de rafales. Par conséquent, notre progression est irrégulière et.... crispante! Chaque mollissement du vent, que nous cherchons à interpréter pour comprendre la situation, nous inquiète et chaque séquence rapide nous rassure. C'est usant! J'ai en tête les trois années de programme du projet, nos deux précédents échecs sur le parcours, l'important travail de mise au point, de réparation et de développement mené par l'équipe technique du team et j'ai conscience qu'il nous reste un peu plus d'une semaine pour franchir la ligne d'arrivée dans les temps et ainsi valider ce travail collectif et la confiance de notre partenaire "Groupama". En résumé il y a de l'enjeu et c'est bon!

Juste derrière nous, l’équateur, qui signifie une sorte de "retour à la maison", mais une autre barrière, météorologique celle-ci, nous attend encore le "pot au noir". Zone de vent faible et de grains orageux parfois violents, son franchissement marquera véritablement notre retour dans le système météo de l'Atlantique nord, qui, pour l'instant semble nous être favorable. Sans pour autant m'obséder, notre retard sur "Orange" nous interdit, quand même, toute défaillance météo ou mécanique et on ne peut pas ignorer que notre monture ait quelques milliers de milles dans les pattes.

Tous les ingrédients sont donc présents pour que, ce qui doit être notre dernière semaine de mer, soit palpitante ! Enfin, A terre ! Parce que, à bord, il me semble surtout qu'elle va nous paraître très longue......!

Rendez-vous à Brest!blog_lepeutrec_signature.jpg

08.03.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

blog_lepeutrec_portrait.jpgFin de la cinquième semaine de navigation et déjà de retour vers des latitudes plus chaudes et civilisées.

L'ambiance est calme et studieuse à bord de Groupama 3. En effet le passage du Cap Horn a marqué la fin de notre cavalcade devant notre adversaire virtuel, "Orange 2". Nous buttons actuellement sur une situation météo qui redonne, petit à petit, la main à l'actuel détenteur du trophée Jules Verne.

Je pourrais vous parler de l'atmosphère qui se réchauffe, du dernier Albatros qui nous a accompagné hier soir, du premier cargo, de la Lune descendante, des quarts de sommeil profond qui trahissent la fatigue accumulée, des réveils douloureux ou du plaisir toujours unique de barrer ce bateau exceptionnel, mais ce qui nous préoccupe le plus en ce moment, c'est la progression irrésistible de notre concurrent que nous n'avons pas les moyens de contrôler.

C'est la dure réalité des records! 35 jours de mer souvent à très haute vitesse pour nous hisser devant et voilà que l'Atlantique Sud, qui nous a déjà joué des tours à la descente, nous accueille avec un anticyclone positionné de telle manière que l'on est obligé de naviguer au près, c'est à dire contre le vent, depuis trois jours. Ceci dit, c'est l'occasion d'exploiter l'excellent potentiel de notre trimaran "Groupama 3" qui, à cette allure sur mer plate, tient facilement une moyenne de plus de vingt nœuds et nous permet de limiter la casse! Encore faut-il qu'il y ait du vent !

Et le problème est bien là! Dans quelques centaines de milles, au large du Brésil, nous attend une zone de vent faible et instable dont la vitesse de traversée conditionnera beaucoup nos chances de succès. Nous nous y préparons physiquement et psychologiquement en sachant que l'issue de ce trophée Jules Verne se jouera peut être là. Le bateau, régulièrement inspecté et entretenu par Loïc Le Mignon, a très bien encaissé les coups et a gardé tout son potentiel. De notre côté, nous sommes impatients d'y être !

Alors prêts pour un nouveau départ...? A vos marques! Prêts! Partez!

A la semaine prochaine.blog_lepeutrec_signature.jpg

01.03.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

blog_lepeutrec_portrait.jpgQuelque part dans le Pacifique…

Au moment où je vous écris, Groupama 3 est plongé en pleine nuit. Il est 10h du matin en France et nous glissons à 30/32 noeuds sous gennaker par une magnifique nuit de pleine lune. Notre navigateur, Stan, me signale que, devant nous, à seulement soixante miles, des icebergs ont été repérés par satellite il y a quelques semaines et leurs positions ne sont évidemment plus exactement les mêmes aujourd'hui. Alors, concentration, vigilance et vive la Lune! Radar en route et les yeux écarquillés nous poursuivons obstinément notre progression vers l'Est/Sud-Est avec en ligne de mire, le Cap Horn. Enfin, le Cap Horn! A l'extrémité sud du continent sud américain, il est le dernier des trois caps qui définissent le parcours du tour du monde. Il est aussi le plus sud et son contournement suppose de plonger vers des latitudes beaucoup plus froides sans avoir trop le choix de notre positionnement dans les dépressions qui, elles aussi, sont forcées de descendre vers le Sud, canalisées par la Cordillère des Andes. A bord, on se prépare tous à des conditions qui vont se dégrader dans les heures qui viennent. Le ciel va se couvrir, le vent va forcir nettement et la mer va grossir, en avant d'une dépression qui doit nous dépasser. Propulsés par cette ultime claque, nous sortirons des océans du sud en enroulant ce cap mythique avec une immense satisfaction, mais aussi avec une pointe de nostalgie pour la "tranche de nav" dont on tournera la page par la même occasion.

L'écart avec notre adversaire virtuel, "Orange", sera, alors, sans doute insuffisant pour attaquer la remontée vers Ouessant relâchés et sereins. Mais contourner le Cap Horn nous soulagera et marquera sans doute la fin de la cavalcade ininterrompue entamée, il y a seize jours, à la sortie de l'anticyclone de Sainte Hélène. Et rien que pour ça, ce sera bon!

Orange ayant profité de conditions très favorables le long de l'Argentine, il est probable que notre avance actuelle se réduise et qu'ainsi le suspens reste entier.

A suivre.....
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21.02.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

Une semaine, un océan.

blog_lepeutrec_portrait.jpgC'est à peine croyable, mais en trois semaines nous avons parcouru l'Atlantique nord, l'Atlantique sud et demain nous atteindrons la longitude du cap Leeuwin, porte de sortie de l'océan Indien. Cet océan est réputé pour la violence des dépressions qui y circulent à haute vitesse et pour le très mauvais état de la mer, souvent croisée, que ces dépressions génèrent sur leur passage. Il y a deux ans, lors de notre précédente tentative, nous y avions laissé beaucoup d'énergie. Mais cette année la situation a été favorable à une traversée rapide et relativement souple. Par conséquent, notre trimaran est aujourd'hui toujours en bon état et nous ne sommes pas, nous mêmes, trop éprouvés. Nous n'avons, jusque là, pas eu très froid et le sommeil a quasiment toujours été facile à trouver.

Partis depuis trois semaines seulement, le temps d'une traversée vers les Antilles en croisière! Et pourtant, La vitesse permanente de notre engin de glisse, met dans chaque instant une telle intensité que la sensation d'éloignement et de durée est bien présente à mon esprit. Depuis que nous faisons cap à l'Est, à la rencontre du soleil levant, à plus de trente nœuds, nous parcourons plus de quinze degrés de longitude par jour soit plus d'une heure solaire. Le soleil se lève et se couche chaque jour un peu plus tôt. Circulant quasiment à la même vitesse que la dépression qui nous propulse. Nous restons des jours et des jours dans la même zone météorologique, aussi, ce décalage horaire quotidien est, à bord, la seule illustration concrète de notre progression géographique rapide. A bord nous gardons le temps universel en référence, mais c'est l'heure solaire qui rythme nos journées les découpant en quatre temps: le jour, la nuit, l'aube et le crépuscule.

Dans une semaine nous aurons franchi l'antiméridien, symbole du retour vers nos régions. Comme dit Ronan: "A force de faire de l'Est à cette vitesse, on va finir par être complètement à l'Ouest!"

Je vous laisse méditer...!

A la semaine prochaine.blog_lepeutrec_signature.jpg

15.02.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

blog_lepeutrec_portrait.jpg14 jours de mer et déjà la longitude du cap de Bonne Espérance en vue.

Depuis trois jours nous sommes dans ce que l'on a coutume d'appeler, les quarantièmes rugissants. C'est la "piste noire" des tours du monde à la voile et ce sera notre terrain de jeu pour les 15 prochains jours. En y entrant on a quitté un monde chaud, sec et coloré, pour rejoindre celui de la grisaille et de l'humidité, mais aussi et surtout celui du vent portant généré par les dépressions qui se succèdent dans une ronde incessante autour de l'Antarctique. En terme de navigation, l'objectif était de nous caler juste en avant de l'une d'entre elles et de "surfer" sur elle le plus longtemps possible, sans qu'elle nous dépasse, à la manière d'un surfer sur sa vague. C'est chose faîte! Depuis, les miles défilent, cap à l'Est.

Bien sur, les conditions de vie à bord ont radicalement changé. Il fait frais, pas encore froid et, dans la mer formée, les hautes vitesses atteintes (parfois plus de 40 noeuds) animent le bateau de secousses violentes. Les contingences de la vie quotidienne sont devenues beaucoup plus difficiles à régler! A la barre il s’agit de faire circuler Groupama 3 à vitesse constante en évitant soigneusement les pics de vagues trop raides. De jour, ça se passe majoritairement bien, mais la nuit c'est une autre histoire... La Lune a disparu, le ciel est couvert et rien ne permet de distinguer la mer du ciel. Plus d'horizon. On fonce dans un noir absolu. Il faut alors interpréter chaque accélération, chaque mouvement, chaque paquet d'eau pris dans la figure, pour tenter de se représenter l'instant et de deviner ce qui va suivre immédiatement. Pas toujours évident, mais intéressant!

Avec cette entrée dans le sud, on a aussi retrouvé les oiseaux fantastiquement adaptés qui y vivent, au premier rang desquels figure l'emblème de ces régions océaniques: l'Albatros. Ils nous accompagnent des journées entières en tournant autour du bateau. Certains nous suivront sans doute jusqu'en Tasmanie que nous atteindront.......la semaine prochaine.

A bientôt.blog_lepeutrec_signature.jpg

04.02.2010

Carnet de bord de Fred Le Peutrec

blog_lepeutrec_portrait.jpgDeux mois et demi après l'échec de notre première tentative au large de Cape Town, nous voici à nouveau en route plein sud à la poursuite de nos rêves de trophée Jules Verne.

Pour nous offrir l'opportunité d'un deuxième départ depuis Ouessant, il a fallu, après un convoyage retour vers Lorient fin Décembre, que l'équipe technique bosse d'arrache pieds et que la météo nous organise une fenêtre, ou plutôt, une lucarne que Sylvain Mondon (météorologue à terre et 11ème homme) a eu l'opportunisme de nous faire exploiter voyant la fin de la période de stand-by arriver. Bien joué l'artiste!

C'est donc à 11h du matin, la veille du départ, que la décision de nous regrouper à Brest a été prise. Bonne surprise! J'avais juste le temps de prendre mon sac, d'abandonner mes enfants à leurs révisions de compos et de sauter dans la voiture pour retrouver toute l'équipe. Le lendemain matin à 8h00, Franck nous a annoncés que nous partions !

C'est donc sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller le trimaran concurrent que nous avons largué les amarres au port du Château. Depuis ce n'est que du bonheur! C'est loin d'être fini, bien sur, mais ces trois premiers jours de descente en Atlantique Nord se sont parfaitement déroulés, alors qu'à peine deux heures derrière nous, la barrière météo s'est refermée dès le cap Finisterre. Nous sommes maintenant entre les Canaries et les îles du Cap Vert. Chacun a très naturellement repris ses repères et tout va bien à bord!

Fred.blog_lepeutrec_signature.jpg

13:53 Écrit par Groupama 3 (Webmaster) dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fred le peutrec, groupama 3, trophée jules verne

30.12.2009

De retour à Lorient !



Groupama 3 n'aura finalement rejoint le ponton de son port d'attache de Lorient qu'à 0h30 mardi matin sous des trombes d'eau. Rincé mais heureux, l'équipage du maxi trimaran aura mis 16 jours et demi pour revenir de Cape Town en Afrique du Sud. Accueillis par Franck Cammas et son team, les dix équipiers vont maintenant profiter d'un repos mérité alors que c'est au tour des techniciens de prendre le relais pour permettre à Groupama 3 de se lancer dans une nouvelle tentative de conquête du Trophée Jules Verne dès que les conditions météo seront favorables début 2010.

13.12.2009

Groupama 3 a repris la mer

C'est samedi matin, à 6 h TU que le trimaran Groupama 3 a quitté le port de Cape Town en Afrique du Sud pour rejoindre Brest, distant de 6000 milles (11000 km), où il entamera sa seconde période de stand by pour le Trophée Jules Verne.

IMG_1633.JPG

Skippé par Fred Le Peutrec et mené par un équipage de 10 personnes, Groupama 3 en a donc fini avec son escale sud-africaine. Il aura fallu pas moins de trois semaines au maxi trimaran pour être à nouveau opérationnel suite à l'avarie survenue dans l'Atlantique Sud alors qu'il était en avance sur le temps de référence établi en 2005 par Orange dans le Trophée Jules Verne.

blog_lepeutrec_portrait.jpg« Tout cela est derrière nous aujourd'hui et nous sommes tous les dix très heureux d'être en mer. Nous avons du nous dégager de la côte pour trouver le vent qui nous a permis de retendre le gréement. C'est fait et nous naviguons actuellement avec deux ris dans la grand voile et sous trinquette dans un vent de sud-est de 25 à 28 noeuds pour une vitesse équivalente » relate Fred Le Peutrec, qui en l'absence de Franck Cammas, assume la responsabilité de Groupama 3.

>> Vous pouvez suivre la route de Groupama 3 vers Brest sur la carte de notre site internet.

04.12.2009

Générateur hors d’usage, Groupama 3 retarde son départ de Cape Town

Alors qu’il devait quitter ce vendredi matin l’Afrique du Sud, le trimaran Groupama 3 est contraint de rester quelques jours de plus dans le port de Cape Town suite à une panne survenue sur le générateur.

« Nous étions en train de procéder à la dernière charge des batteries quand, tout à coup, le moteur s’est mis en alarme. Après vérification par Yann Mérour, il est hors d’usage. C’est contrariant car nous devrions déjà être en mer mais c’est ainsi » relate Fred Le Peutrec qui poursuit : « Il vaut mieux que cette panne survienne maintenant plutôt qu’une fois partis car, sans énergie, on ne peut dessaler l’eau de mer. Nous aurions donc été obligé de faire escale, ce qui n’est jamais simple avec un si grand bateau ».

Alors qu’autour du bassin où se trouve Groupama 3 les caméras du monde entier ont leurs objectifs fixés sur le tirage au sort de la Coupe du Monde de Football, le team Groupama s’organise pour faire venir de France un nouveau bloc moteur Yanmar : « Nous en avons trouvé un identique au notre. C’est positif. Reste maintenant à la faire livrer à Cape Town ce qui n’est pas évident. Si tout se passe bien à la douane, nous devrions recevoir le bloc dimanche soir, le monter dans la journée de lundi et reprendre la mer mardi » conclut Fred Le Peutrec.

 
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