13.03.2010
Haut le mât !
Loïc Le Mignon grimpe au mât, à quelques 40 m de haut, et profite de cette vidéo pour faire passer un petit message à sa famille...
16:16 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trophée jules verne, franck cammas, loic le mignon
01.03.2010
Carnet de bord de Loïc Le Mignon
2ème partie
... Plus tard, on a eu le dernier obstacle à franchir une dorsale (zone sans Vent) au large des Canaries espagnoles qui sera franchi avec succès grâce à l’investissement de tout l'équipage de Groupama 3.
Cela nous dégage la route des alizées, direction l'Equateur, temps estimé 6 jours et demi. Au final on aurait pu battre notre propre record de novembre, mais on est resté prendre une douche sous un énorme grain qui nous a collé 5 heures et ne nous a pas permis d'avancer dans la bonne direction au sud.
Sur cette route se sont les premiers courts de repérage des étoiles car on a beau courir les océans beaucoup d'entre nous ne connaissons pas la voute céleste et ses mystères, ses explications. La grande ourse, la polaire, la constellation d'orions, les pléiades, tous ces noms magiques que j'ai eu la chance d'apprendre avec mon père et en famille les soirs d'été, ou avant de renter nous coucher, on passait un peu de temps la tête en l'air, à se faire des torticolis.
Il y a même la planète Mars qui va nous accompagner tout au long du voyage, car, comme les découvreurs avant nous, le ciel étoilé va changer en arrivant dans l'hémisphère sud. Il faut avant tout repérer la croix du sud, comme point de départ pour trouver les autres constellations et c'est là où on continue d'apprendre car ne venant pas souvent chercher mon pain par ici, je connais moins bien ce ciel ! Certains se sont équipés de star-finder (trouveur d'étoile)ce qui rend la tâche des néophytes plus facile, mais on en oublierait presque la course !
Après l'équateur, j'apprécie particulièrement le coin des iles de Fernando de Noronha. En longeant la côte brésilienne, on passe les meilleurs moments sans doute : torse nu, la nuit à la barre, peu de réglage car le vent est stable, la voûte céleste comme plafonnier et la croix du sud comme mire ! Les étoiles filantes nous émerveillent par leurs quantités et leur longévité.
Après c'est là que tout se joue car au niveau de Rio de Janeiro s’il n'y a pas une dépression venue de la Cordillère des Andes qui nous prend sur son porte bagagen on peut dire adieu Berthe(c'est ma tante) ! Elle s'est faite désirer 2 jours de trop à notre goût mais elle est arrivée ! Ca y est, c'est parti pour l'autoroute du grand sud, cap au 90° et route sur l'Afrique du sud !
C'est là où la magie de ces bateaux modernes opère ! On reste devant le phénomène météo en pouvant se déplacer soit un plus bas, soit un peu plus haut suivant la force et la direction que l'on cherche. Bien sur ça s'est refroidi considérablement et les dernières douches ont été prises au 30° sud, car après l'eau et l'air sont trop froids.
Les premiers vols d'albatros (oiseau découvert par Albert Strauss) viennent nous émerveiller, ces oiseaux qui peuvent rester des heures des jours je crois sans battre de l'aile ! Mais nous allons trop vite pour eux ! Ils restent un moment puis s'en vont nous les croiserons tout au long du parcours sud jusqu’ au Cap Horn.
Nous continuons d'avaler les milles à plus de 32 nds de moyenne. L'équipage a le sourire et certains s'amusent même à faire le zébulon sur le trampoline lors des changements de voiles (à 50 ans tout juste ils savent rester jeunes dans leur tête). Le moral est au beau fixe surtout que Stan nous dit que cela s'annonce bien pour le grand sud ! C'est parfait ! "Allez ! Bar des sports ce soir pour fêter cela », annonce Jaco.
C'est là que nos routes se séparent car il faut que je retourne à mes occupations mettre le journalier en place, faire mon quart, et faire un peu aussi les repas, et oui on ne passe pas le clair de notre temps la tête en l'air à discuter ! Le rythme est soutenu : toutes les trois heures, on change de poste, soit sommeil, soit stand-by, soit sur le pont.
Voilà donc… j'espère que cette histoire vous aura plu et que vous aurez ressenti tout le plaisir que j'ai à être en mer. Voir bouger le vent à passer près des îles, naviguer dans les alizés. Toutes ces sensations, ces émotions, et anecdotes qui font que l'on doit toujours essayer de faire quelque chose en s'amusant ou en y prenant du plaisir.
Mais je tiens aussi à préciser que pour moi rien ne serait possible sans avoir l'accord de la maison. Je peux m’appuyer sur une femme exceptionnelle ou parfaite qui gère au mieux tout le quotidien et l'exceptionnel : quand les enfants commencent à pleurer en se mettant dans un coin de la pièce avec la photo du père absent, cela doit être au moins aussi dure à vivre que ce que nous vivons sur l'eau….

Ps : Nous voilà en vue du Cap Horn, c'est encore d'autres histoires en perspective !
10:15 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loic le mignon, franck cammas, groupama 3, trophée jules verne
28.02.2010
Carnet de bord de Loïc Le Mignon
1ère partie
Je ne sais pas par où commencer tellement on pourrait discuter et bavarder sur ce que nous vivons à bord de Groupama 3 ! Je suis sûr que même en y passant toute la nuit et avec les dix membres de l'équipage, on ne verrait et ne vivrait pas les mêmes choses.
Pour ma part étant le seul permanent, le projet Groupama 3 a commencé il y a 4 ans maintenant, avec la fin de la construction et sortie chantier en juin 2006, puis avec toutes les périodes de découvertes, de préparations et de records.
Je vous épargnerai la litanie des records et des mésaventures du bateau pour revenir sur ce qui nous intéresse : le trophée Jules Verne, hiver 2009 / 2010.
Après le départ de novembre puis la casse au large du Brésil, l'arrêt à Cap-Town en Afrique du sud, le bateau est revenu le 27 décembre à Lorient. A partir de là, a commencé une course contre la montre pour l'équipe technique : remettre le bateau en état pour pouvoir repartir au plus vite… ce qui fut chose faite à partir du 12 janvier il me semble.
Une première fenêtre s’est présentée le 22 janvier avec un retour express de tout l'équipage qui vaquait à ses occupations.
Cette première fenêtre s’est refermée. Mais, comme aujourd'hui, les professionnels peuvent lire la météo jusque 10 jours, c'est sur les conseils du routeur et du navigateur que Franck Cammas a décidé de garder tout le monde en alerte pour la semaine qui suivait.
Cette dernière se déroule sans départ. Mais, alors que l'on pensait passer le week-end en famille, nous voilà assailli par quatre messages au retour de promenade le samedi midi : départ possible demain matin! L’œil de lynx du routeur a repéré une ultime chance de partir car notre stand-by se finissait officiellement la semaine d'après, soit le 5 février.
Une course a alors commencé : finir son sac, gérer la petite fille et la grande, attendre Steve Ravussin qui a sauté dans un avion de Genève, puis direction Brest pour le repas d’équipage et le briefing météo. Le rythme du palpitant était déjà très élevé.
Départ confirmé, on quitte le quai à 9h15, avec toutes les effusions de larmes et les au revoir aux gens prévenus en catastrophe.
Route sur Ouessant par le chenal du Four, on attend 3 heures la rotation du vent de sud ouest à nord ouest, chose faite à 13 heures 55 minutes TU (à partir de ce moment là, à bord, on ne parle plus que en Temps Universelle, heure de Greenwich).
Franck prend comme d'habitude la barre pour le départ et nous voilà partis ! Les hélicoptères nous disent au revoir ; ce seront les dernières personnes que nous verrons jusque notre retour à Brest.
Quelques heures après, c'est à mon tour de prendre la barre car on a commencé les quarts de trois heures, et c'est là que je me rends compte que cela fait 3 mois que je n'ai pas touché au "cerceau". Les premières minutes sont déterminantes surtout que l'on a un premier passage dans 12 heures au cap Finisterre, si ça ne passe pas là, on rentre à la maison !
La suite du carnet de bord de Loïc prochainement sur ce blog....
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